INTERNATIONAL MEDIA TRAINING
Passer une interview en anglais quand ce n'est pas sa langue

2 octobre 2026

Passer une interview en anglais quand ce n'est pas sa langue

Un dirigeant français parfaitement à l'aise devant une caméra française peut devenir méconnaissable en anglais. Le problème n'est presque jamais le niveau de langue. Il est ailleurs, et il se travaille.

Nous accompagnons régulièrement des dirigeants dont l'anglais professionnel est solide, qui négocient et présentent dans cette langue sans difficulté, et qui perdent pourtant leurs moyens face à un journaliste anglophone.

L'explication tient à la charge mentale. En français, la formulation est automatique et toute l'attention reste disponible pour la stratégie. En anglais, une partie de cette attention part dans la langue, et c'est la stratégie qui en souffre.

Ce qui change réellement

Aucun de ces points ne relève du vocabulaire. Ils relèvent de la préparation du propos dans la langue où il sera prononcé.

  • Le temps de réaction s'allonge, et un silence d'une seconde paraît interminable à celui qui parle
  • Les nuances disparaissent les premières : le propos devient plus abrupt qu'il ne devrait l'être
  • Les formules de prudence du français, souvent longues, n'ont pas d'équivalent direct et sautent
  • L'humour et l'ironie se traduisent mal et se retournent facilement

Préparer en anglais, pas traduire du français

L'erreur la plus courante consiste à écrire ses messages en français puis à les faire traduire. Le résultat est juste mais inutilisable : les phrases sont trop longues, la structure trop subordonnée, et le dirigeant trébuche sur son propre texte.

Un message construit directement en anglais est plus court, plus direct, et beaucoup plus facile à tenir sous pression. C'est aussi ce qu'attend un journaliste anglophone, dont le format laisse moins de place aux préambules.

Les codes de l'interview anglo-saxonne

Les interviews britanniques et américaines vont plus vite au contradictoire. La question est souvent directe, parfois sèche, et l'interruption y est normale, sans que cela traduise de l'hostilité.

Un intervenant français peut percevoir ce rythme comme une agression et se braquer, alors qu'il s'agit simplement du format. Savoir cela à l'avance change la réaction.

Travailler avec des journalistes dont c'est la langue

On ne se prépare pas à une interview anglophone avec un formateur français qui parle bien anglais. L'exercice n'a de valeur que mené par un journaliste dont c'est la langue maternelle et le métier, parce que lui seul produit le rythme, les relances et les tournures que le dirigeant affrontera réellement.

C'est le principe de notre réseau : des journalistes en activité dans leur pays et dans leur langue, qui forment dans les conditions de leur propre rédaction.

En pratique

Nos sessions se déroulent en anglais, en français ou dans les deux langues au cours de la même journée, avec des formateurs bilingues ou de langue maternelle anglaise.

Nos formateurs et leurs langues de travail sont présentés sur la page qui leur est consacrée, et le détail des formats sur la page media training.

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